Pont de Mer Humanitaire · Human Sea Bridge

De Gaza vers une solution de soins, d’études ou de protection

Comprendre les parcours, les décisions et les blocages
Dernière vérification éditoriale : 28 août 2026

Comprendre le système

Un besoin médical urgent, une admission dans une université ou la possibilité d’obtenir une protection internationale ne suffisent pas, à eux seuls, à permettre à une personne de quitter Gaza.

Chaque parcours dépend d’une succession de décisions prises par des acteurs différents : médecins, autorités sanitaires, organisations internationales, États d’accueil, établissements hospitaliers ou universitaires, autorités chargées des frontières, services diplomatiques et consulaires.

Une partie de la solution peut donc exister sans que le parcours complet soit encore possible.
Comprendre cette chaîne permet de comprendre pourquoi certains dossiers aboutissent, pourquoi d’autres restent bloqués — et pourquoi la coordination entre les acteurs est parfois aussi déterminante que l’existence de la solution elle-même.

Trois parcours distincts

Se faire soigner hors de Gaza

Une personne atteinte d’une maladie grave ou victime de blessures nécessitant des soins spécialisés indisponibles à Gaza peut être référée pour une évacuation médicale.

Étudier hors de Gaza

Une admission, une bourse ou une place dans un établissement à l’étranger ne suffisent pas : il faut encore réunir les conditions de sortie, d’entrée, de financement et d’accueil effectif.

Obtenir une protection internationale

Le droit d’asile répond à une autre logique. Il protège, lorsque les conditions sont réunies, une personne contre un retour vers un territoire où elle risque des persécutions ou des atteintes graves.

La protection internationale n’est pas, en elle-même, un mécanisme permettant de sortir de Gaza. Ces trois parcours peuvent parfois se croiser, mais ils ne doivent pas être confondus.

Professionnelle de santé accompagnant une jeune patiente dans son parcours de soins
Enfant marchant entre des abris dans un camp de personnes déplacées, photographié de dos
Entrée de l’OFPRA à Fontenay-sous-Bois, avec les drapeaux français et européen

Évacuation médicale : comment fonctionne réellement le processus ?

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) décrit l’évacuation médicale comme la possibilité, pour des patients gravement malades ou blessés, d’accéder à des soins spécialisés ou vitaux indisponibles à Gaza.

Au 23 février 2026, l’OMS indiquait que 11 124 patients avaient été évacués depuis octobre 2023, dont 5 835 enfants, accompagnés de 13 032 proches. Dans le même temps, plus de 18 500 patients avaient encore besoin de traitements urgents indisponibles à Gaza.

Une mise à jour opérationnelle ultérieure de l’OMS, datée du 26 mars 2026, faisait état de 11 209 patients et 13 215 accompagnants évacués vers plus de 30 pays. Ces chiffres évoluent à mesure que les opérations se poursuivent.

Avant octobre 2023, entre 50 et 100 patients quittaient quotidiennement Gaza pour recevoir des soins médicaux.

Le référencement médical

Le processus commence dans le système de santé. Un médecin ou un spécialiste examine le patient et, s’il estime qu’un traitement nécessaire n’est pas disponible à Gaza, peut établir un formulaire de référencement pour des soins à l’étranger.

La demande est transmise par l’hôpital public au Referral Committee (Comité de référencement). Ce comité examine les dossiers, évalue leur priorité et décide lesquels sont approuvés pour une évacuation médicale.

L’OMS ne sélectionne pas les patients et ne décide pas de leur priorité.
Dans sa déclaration du 10 avril 2026, elle précise que le Referral Committee est composé de responsables sanitaires locaux de Gaza et qu’il porte seul la responsabilité de la priorisation des patients.

Être priorisé ne signifie pas être évacué

Un patient peut être gravement malade, avoir été correctement référé, disposer d’un dossier complet et avoir été considéré comme prioritaire — sans pour autant pouvoir quitter Gaza.

La décision médicale n’est qu’une des portes du parcours.

1. Priorité médicaleRéférencement et décision du Referral Committee.
2. Solution d’accueilUn pays, un dispositif ou un établissement doit accepter de recevoir le patient.
3. AutorisationsLes security clearances et autorisations nécessaires doivent être obtenues.
4. Passage accessibleUn itinéraire opérationnel doit exister.
5. TransfertL’OMS coordonne les aspects médicaux et logistiques du transfert soutenu.
6. ContinuitéEntrée, soins, hébergement, suivi et suite du parcours doivent être assurés.

Dans le circuit de Rafah décrit par l’OMS, l’Autorité palestinienne transmet les listes prioritaires aux autorités israéliennes et égyptiennes pour security clearance. Une fois ces autorisations obtenues, la liste validée est transmise à l’OMS.

Depuis octobre 2023, les circuits ont notamment utilisé Kerem Shalom / Karam Abu Salem et Rafah, selon les périodes et les conditions opérationnelles.

Une évacuation médicale est une chaîne, pas une décision

Besoin médical → Référencement → Priorisation → Acceptation d’une solution d’accueil → Autorisations → Itinéraire accessible → Transfert → Entrée dans le pays de destination ou de transit → Soins → Continuité du parcours.

Chaque étape dépend d’un acteur différent. Aucun de ces acteurs ne contrôle seul l’ensemble du parcours.

Équipe médicale préparant une évacuation sanitaire vers une structure de soins

Qui décide de quoi ?

QuestionActeur principal
Le patient nécessite-t-il des soins indisponibles à Gaza ?Médecin ou spécialiste
Une demande de référencement doit-elle être initiée ?Médecin d’un hôpital public
Quel dossier est prioritaire ?Referral Committee
L’OMS choisit-elle les patients ?Non
Qui accepte de recevoir le patient ?Pays / dispositif / établissement d’accueil
Qui délivre les autorisations nécessaires au passage ?Autorités compétentes selon l’itinéraire
Qui organise le transfert médical sécurisé soutenu par l’OMS ?OMS avec les partenaires concernés
Qui décide du visa ou du droit d’entrée ?Autorités du pays concerné
Qui décide d’une protection internationale ?Autorités et juridictions compétentes du pays concerné

Attention aux fraudes

Le ministère de la Santé et l’OMS ne facturent aucun frais à quelque étape que ce soit du processus d’évacuation médicale.

Seul un médecin d’un hôpital public peut initier le référencement médical décrit par l’OMS.

L’OMS et les autres agences des Nations unies ne sélectionnent ni ne priorisent les patients et n’approuvent pas les demandes de référencement pour traitement à l’étranger. La sélection et la priorisation relèvent exclusivement du Referral Committee.

Une fois le patient priorisé, l’évacuation n’est toutefois pas garantie : elle dépend notamment de l’acceptation par un pays d’accueil et des autorisations de sécurité requises.

Aucun paiement ne doit être effectué pour enregistrer ou prioriser un patient, modifier ou ajouter un accompagnant, ou accélérer une évacuation.

Signalement de fraude à l’OMS : medevac-support-gaza@who.int

Où vont les patients évacués ?

Selon l’OMS, les principales destinations depuis octobre 2023 étaient, au 23 février 2026 :

Égypte6 600
Émirats arabes unis1 518
Qatar970
Pays de l’Union européenne611
Jordanie525
Turquie449
Algérie136
Ouzbékistan100
Tunisie73
Oman56

Les cinq principales catégories médicales parmi les patients évacués depuis le 7 mai 2024 étaient : traumatologie (1 133), oncologie (829), ophtalmologie (325), anomalies congénitales (306) et maladies cardiovasculaires (261).

L’Europe : un mécanisme existe, mais il dépend des États

L’Union européenne peut soutenir certaines évacuations dans le cadre du Mécanisme de protection civile de l’Union européenne (UCPM).

Ce mécanisme peut coordonner les offres de transport ou de traitement proposées par les États participants. Il ne constitue toutefois pas un quota européen obligatoire : les offres d’accueil relèvent des États.

Le principe est essentiel : l’OMS peut coordonner et présenter des patients ; elle ne peut pas créer, à elle seule, les capacités d’accueil offertes par les États.

L’évacuation n’est pas la fin du parcours

Franchir la frontière ne résout pas automatiquement l’ensemble du problème.

Après le départ peuvent encore se poser le transport jusqu’au pays d’accueil, le statut administratif dans un pays de transit, le visa ou le titre d’entrée, l’admission effective dans l’établissement médical, le financement des soins, l’hébergement, les besoins des accompagnants, la traduction, les rendez-vous médicaux, la protection sociale, la continuité des traitements et la situation des membres de la famille restés à Gaza.

Sortir de Gaza peut constituer une étape décisive sans constituer la fin du parcours.
La valeur ajoutée ne réside pas nécessairement dans un acte isolé, mais dans la capacité à maintenir la continuité entre la personne, les institutions, les décisions, les ressources et le temps.

Mobilité académique : une autre chaîne de décisions

Une admission universitaire constitue une étape essentielle, mais elle ne suffit pas.

Admission académique → Financement ou bourse → Documents nécessaires → Possibilité de quitter Gaza → Visa ou autorisation d’entrée → Transport → Logement et protection sociale → Accueil dans l’établissement → Continuité du parcours.

Un étudiant peut donc être admis dans une université et disposer d’un financement sans avoir encore de voie effective pour rejoindre le pays concerné. Inversement, une possibilité de sortie sans admission, visa ou solution financière ne suffit pas davantage.

Une porte ouverte ne signifie pas que toutes les autres le sont.

Protection internationale : une distinction essentielle

La protection internationale ne constitue pas un mécanisme d’évacuation depuis Gaza. Elle répond à une autre question : une personne peut-elle être protégée contre un retour vers Gaza lorsqu’elle relève de la procédure d’asile d’un État ?

En France, la jurisprudence a connu une évolution majeure. Le 13 septembre 2024, la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) a reconnu que des Palestiniens de Gaza bénéficiant normalement de l’assistance de l’UNRWA pouvaient obtenir le statut de réfugié, la Cour considérant que cette assistance ne pouvait plus être effectivement assurée dans la bande de Gaza.

Le 11 juillet 2025, la CNDA réunie en Grande Formation a également reconnu la qualité de réfugiés à des Palestiniens de Gaza qui n’étaient pas couverts par l’UNRWA.

Ce que cette jurisprudence ne signifie pas :
elle ne crée pas, à elle seule, un droit automatique à quitter Gaza, un mécanisme d’évacuation, un visa automatique ou un droit général d’admission sur le territoire français.

Comparer les trois parcours

Évacuation médicaleMobilité académiqueProtection internationale
Point de départBesoin médicalProjet d’études / admissionBesoin de protection
Acteur initialMédecinÉtudiant / établissementPersonne concernée
Critère centralNécessité de soinsAdmission et viabilité du parcoursConditions du droit d’asile
OMS impliquéeOui, dans le medevacNonNon
Sortie de Gaza automatiquement garantieNonNonNon
État tiers nécessaireOuiOuiOui pour l’admission sur son territoire
Après l’arrivéeSoins et continuité médicaleÉtudes et accueilProcédure de protection et intégration

Ce que Pont de Mer Humanitaire peut faire — et ce qu’elle ne peut pas faire

Ce que nous pouvons faire

  • Documenter une situation et rassembler les pièces utiles.
  • Vérifier les informations disponibles.
  • Identifier les acteurs susceptibles de contribuer à une solution.
  • Rechercher des possibilités d’évaluation ou de prise en charge médicale.
  • Mettre en relation établissements, institutions et personnes concernées.
  • Accompagner certaines démarches administratives et logistiques.
  • Mobiliser des partenaires ou des ressources lorsque cela est possible.
  • Aider à maintenir la continuité du parcours entre plusieurs étapes et plusieurs institutions.
  • Documenter les blocages et interpeller les acteurs compétents lorsque cela est justifié.

Ce que nous ne pouvons pas faire

  • Décider du référencement médical d’un patient.
  • Modifier la priorité attribuée par le Referral Committee.
  • Inscrire quelqu’un sur une liste officielle d’évacuation.
  • Imposer une évacuation à l’OMS.
  • Délivrer une autorisation de sortie.
  • Contraindre un État à accepter un patient.
  • Délivrer un visa.
  • Décider d’une protection internationale.
  • Garantir une admission hospitalière ou universitaire.
  • Garantir l’issue d’un parcours.
Nous ne garantissons ni évacuation, ni visa, ni admission, ni financement.
Nous nous engageons sur la rigueur du parcours, la loyauté de l’information et la continuité de l’accompagnement.

Pour aller plus loin

Qui sont les « autorités israéliennes » mentionnées par l’OMS ?

Dans ses documents destinés au public, l’OMS emploie généralement l’expression « Israeli authorities » lorsqu’elle décrit les security clearances nécessaires à l’évacuation.

Dans l’architecture israélienne de coordination des mouvements concernant Gaza et les territoires palestiniens, le COGAT — Coordination of Government Activities in the Territories — joue un rôle central. Cette précision est utile pour comprendre quelles administrations interviennent derrière la formule générale utilisée par l’OMS.

Une voie peut exister… puis se fermer

La France en a fourni une illustration à l’été 2025. À la suite d’une controverse concernant une étudiante gazaouie admise dans le cadre d’un programme universitaire français, le gouvernement a annoncé le 1er août 2025 la suspension des opérations d’évacuation depuis Gaza pendant la conduite d’une enquête interne et le renforcement des contrôles.

Le Conseil d’État a ensuite été saisi. Sa décision du 15 octobre 2025 indique notamment qu’une opération d’évacuation prévue le 6 août avait été annulée, que certaines procédures avaient été ralenties pour procéder à des vérifications plus approfondies et que le Gouvernement avait, à la date de la décision, rapporté la suspension.

Pourquoi cet épisode est important :
une admission, un visa en instruction ou une évacuation envisagée ne rendent pas nécessairement le parcours irréversible. Une porte institutionnelle peut se refermer pour plusieurs personnes à la suite d’un événement qui ne les concerne pas directement.

Une autre interruption, une autre cause : l’escalade régionale de février–mars 2026

Un bulletin de situation de l’OMS daté du 26 mars 2026 documente une autre forme de rupture. L’escalade régionale commencée le 28 février a entraîné la suspension des évacuations médicales via Kerem Shalom, encore interrompues à la date du bulletin.

Les évacuations via Rafah ont également été suspendues à partir du 28 février. Elles ont repris pour deux missions les 19 et 22 mars — permettant l’évacuation de 16 patients et 30 accompagnants — avant une nouvelle interruption du 23 au 25 mars, les conditions de sécurité n’étant plus réunies. Elles ont repris le 26 mars avec l’évacuation de 17 patients et 30 accompagnants.

Durant cette période, tous les autres points de passage vers Gaza sont restés fermés. Kerem Shalom a rouvert le 3 mars pour le carburant et les fournitures humanitaires, mais l’entrée des produits médicaux est demeurée fortement contrainte.

Cet épisode montre qu’une voie peut également se refermer sous l’effet d’une dégradation sécuritaire régionale, indépendamment de l’état d’avancement des dossiers individuels. Une telle interruption peut affecter pendant plusieurs semaines l’ensemble des patients dépendant de ces voies d’évacuation.
France, Italie, Espagne, Royaume-Uni : peut-on comparer ?

Oui, mais seulement si l’on compare des données réellement comparables : mêmes périodes, même définition de « patient », séparation claire entre patients et accompagnants et absence de mélange entre évacuations médicales, familiales, académiques ou humanitaires.

Pont de Mer Humanitaire privilégie une approche simple : comparer lorsque les données sont comparables ; signaler les limites lorsqu’elles ne le sont pas ; mettre les chiffres à jour lorsque de meilleures sources deviennent disponibles.

UCPM, ECHO, PEGASE : ne pas confondre les instruments européens

UCPM : Mécanisme de protection civile de l’Union européenne, pouvant soutenir la coordination d’évacuations médicales et de moyens logistiques.

DG ECHO : direction générale de la Commission chargée de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire.

PEGASE : mécanisme européen de soutien à l’Autorité palestinienne relevant d’une autre logique institutionnelle, notamment de la politique de voisinage et de développement. Il ne doit pas être confondu avec une ligne humanitaire ECHO.

Acteurs de terrain : du transfert à l’accompagnement en Égypte

Au-delà des institutions internationales et étatiques déjà présentées, le Croissant-Rouge palestinien (PRCS) joue un rôle opérationnel essentiel sur le terrain. Il participe notamment au transfert des patients et blessés qui ne peuvent se déplacer seuls vers les points de passage, dans le cadre des opérations coordonnées avec les autres acteurs concernés.

En Égypte, le Croissant-Rouge égyptien accompagne les patients et leurs familles au-delà du passage de la frontière, notamment par une aide matérielle, un suivi après hospitalisation et un soutien psychosocial. La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) indique que plus de 7 000 patients et 15 000 membres de leurs familles avaient bénéficié de cet accompagnement.

Le PRCS documente par ailleurs des contraintes importantes sur ses capacités d’intervention, notamment une disponibilité limitée des ambulances ainsi que des pénuries de carburant et de pièces détachées. Ces contraintes peuvent elles-mêmes limiter sa capacité à acheminer les patients dans les délais requis.

Les financements ne disent pas combien de patients sont accueillis

Un État ou l’Union européenne peut financer des structures sanitaires, des médicaments, la réponse humanitaire, des établissements palestiniens, le soutien logistique ou des mécanismes de coordination sans accueillir directement un nombre équivalent de patients sur son propre territoire.

À l’inverse, le nombre de patients accueillis ne mesure pas à lui seul l’ensemble de l’effort humanitaire d’un pays. Les deux indicateurs répondent à des questions différentes.

La position de Pont de Mer Humanitaire

Au 23 février 2026, l’OMS comptabilisait plus de 18 500 patients ayant un besoin urgent de traitement indisponible à Gaza, alors que 11 124 avaient pu être évacués depuis octobre 2023.

L’OMS recommande explicitement la reconstruction et la réhabilitation du système de santé de Gaza, la réouverture des voies de référencement médical vers la Cisjordanie, notamment Jérusalem-Est, l’augmentation du nombre de patients acceptés par les États membres pour recevoir des soins à l’étranger et la possibilité pour les patients de retourner dignement à Gaza lorsque leurs soins sont terminés.

Pont de Mer Humanitaire soutient ces recommandations et considère que les capacités d’accueil actuellement mobilisées restent insuffisantes au regard des besoins documentés.

Cette insuffisance ne peut toutefois être réduite à la seule question du franchissement des frontières. Une évacuation suppose qu’un patient soit correctement référé et priorisé, qu’un pays accepte de le recevoir, qu’une solution médicale soit disponible, que les autorisations nécessaires soient obtenues, que le transfert puisse être organisé et que la continuité du parcours puisse ensuite être assurée.

Nous considérons que les États disposant de capacités hospitalières adaptées — notamment en Europe — peuvent et doivent augmenter leur contribution.

Cela implique non seulement davantage de places d’accueil, mais également une meilleure articulation entre autorités sanitaires, diplomatiques, consulaires, établissements hospitaliers et organisations chargées de la coordination.

Il ne s’agit pas d’ignorer les exigences légitimes de sécurité, de contrôle des frontières, d’organisation hospitalière ou de vérification administrative. Il s’agit d’éviter que la succession de procédures légitimes, lorsqu’elles sont insuffisamment coordonnées, ne se transforme elle-même en obstacle durable à l’accès à des soins vitaux.

Pont de Mer Humanitaire considère également qu’il est légitime de comparer les dispositifs nationaux lorsque les données sont suffisamment robustes. L’objectif n’est pas de désigner de « bons » ou de « mauvais » États. Il est d’identifier ce qui permet à certains parcours d’aboutir, ce qui les ralentit ailleurs et ce qui pourrait être reproduit pour augmenter le nombre de solutions effectives.

Le plaidoyer doit porter sur les résultats et les solutions, pas sur l’appartenance politique des acteurs.

Pourquoi ces parcours se bloquent-ils alors que chaque acteur semble faire son travail ?

Un médecin peut correctement identifier le besoin. Le Referral Committee peut considérer le patient comme prioritaire. L’OMS peut accomplir son rôle. Un hôpital européen peut disposer de la compétence médicale nécessaire. Une administration peut appliquer ses propres règles.

Et malgré cela, le patient peut ne pas partir.

Le problème n’est alors pas nécessairement l’absence totale de solution. Il peut être situé entre les solutions :

  • entre l’hôpital et l’État ;
  • entre la priorité médicale et la capacité d’accueil ;
  • entre l’autorisation d’entrée et l’autorisation de sortie ;
  • entre l’évacuation et la continuité des soins ;
  • entre une admission universitaire et un visa ;
  • entre un statut de réfugié potentiellement accessible et la possibilité physique de rejoindre le territoire où la demande pourrait être examinée.

Ces espaces sont des ruptures d’interface. Aucune institution n’est nécessairement chargée, à elle seule, de les résoudre toutes.

C’est précisément là que se situe le projet Pont de Mer

Pont de Mer Humanitaire n’est ni un hôpital, ni une organisation internationale, ni une autorité frontalière, ni un consulat, ni une université, ni une juridiction.

Son rôle n’est pas de se substituer à ces acteurs. Il consiste à essayer, lorsque c’est possible et légitime, de construire la continuité entre eux.

Recevoir une demande. Documenter. Vérifier. Évaluer. Identifier les acteurs compétents. Connecter les différentes étapes. Mobiliser les ressources disponibles. Suivre. Transmettre. Relancer lorsque cela est pertinent. Préparer l’étape suivante avant que la précédente soit terminée. Et, lorsqu’une solution n’est pas possible, le dire sans créer de faux espoir.

Une solution existe parfois déjà. Ce qui manque, c’est la continuité entre la personne, les institutions, les décisions et les ressources.

Questions fréquentes

L’OMS peut-elle ajouter un patient sur une liste d’évacuation ?

Non. L’OMS indique qu’elle ne sélectionne pas les patients et n’intervient pas dans leur priorisation.

Peut-on payer pour accélérer une évacuation ?

Non. L’OMS et le ministère de la Santé ne facturent aucun frais pour le processus. Toute proposition de paiement destinée à accélérer ou modifier la priorisation doit être considérée avec la plus grande vigilance.

Une priorité médicale garantit-elle une évacuation ?

Non. L’évacuation dépend ensuite notamment de l’acceptation par un pays d’accueil, des autorisations nécessaires et de l’existence d’un itinéraire opérationnel.

Une admission dans une université européenne permet-elle de quitter Gaza ?

Pas automatiquement. Admission, financement, sortie du territoire et droit d’entrée dans le pays d’accueil sont des étapes distinctes.

Le statut de réfugié reconnu par la jurisprudence française permet-il automatiquement de venir en France ?

Non. La jurisprudence CNDA concerne les conditions de reconnaissance d’une protection internationale. Elle ne constitue pas une autorisation automatique d’entrée en France.

Pont de Mer Humanitaire peut-elle obtenir un visa ?

Non. La décision appartient exclusivement aux autorités compétentes.

Pont de Mer Humanitaire peut-elle organiser seule une évacuation médicale depuis Gaza ?

Non. L’association peut contribuer à documenter, connecter ou coordonner certaines étapes, mais elle ne remplace ni le système de référencement, ni l’OMS, ni les autorités chargées des passages et de l’admission.

Pourquoi travailler sur un dossier si PMH ne maîtrise pas la décision finale ?

Parce qu’entre une solution théoriquement disponible et une solution réellement accessible se trouvent souvent plusieurs étapes qui doivent être préparées et coordonnées. C’est précisément sur cette continuité que porte notre action.

Sources et méthode

Cette page repose prioritairement sur des sources institutionnelles primaires :

  • Organisation mondiale de la santé (WHO / WHO EMRO / occupied Palestinian territory) : processus d’évacuation médicale, rôles respectifs des acteurs, statistiques, avertissement contre les fraudes et recommandations, notamment Medical evacuation of patients from Gaza — Oct 2023–23 Feb 2026, Medical Evacuation Out of Gaza — What you need to know et la déclaration du 10 avril 2026 sur le rôle de l’OMS dans les évacuations via Rafah.
  • Cour nationale du droit d’asile (CNDA) : décisions des 13 septembre 2024 et 11 juillet 2025 concernant les Palestiniens originaires de Gaza.
  • Conseil d’État : décision du 15 octobre 2025 relative à la suspension française des opérations d’évacuation depuis Gaza.
  • Commission européenne / DG ECHO : Mécanisme européen de protection civile et opérations d’évacuation médicale coordonnées au niveau européen.
  • Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), Croix-Rouge britannique, Croissant-Rouge palestinien (PRCS) et Croissant-Rouge égyptien : rôle opérationnel de terrain dans le transfert et l'accueil des patients évacués.

Des sources parlementaires, humanitaires et journalistiques peuvent compléter ces sources primaires lorsque l’information recherchée n’est pas disponible directement auprès de l’autorité concernée. Lorsqu’une donnée ne peut pas être recoupée de manière suffisamment robuste, elle n’est pas présentée comme un fait consolidé.

Les données relatives à Gaza évoluent rapidement.

Cette page ne remplace ni les informations officielles de l’OMS, ni celles des autorités nationales compétentes, ni un conseil médical ou juridique adapté à une situation individuelle.